L'Est Républicain, 29 janvier 2005
L'Est Républicain, 17 janvier 2005
L'Est Républicain, 6 avril 2005
23 avril 2005
"Le Chant des Rouleaux" : un témoignage de réconciliation L'œuvre du compositeur parisien Pierre Cholley sera donnée ce soir.
C'est aujourd'hui le jour J : Celle va vivre l'événement musical le plus intense depuis de nombreuses années, voire depuis des décennies. Un collectif franco-allemand interprètera ce soir dans l'église de la ville un oratorio du compositeur français Pierre Cholley, 40 ans. Le chœur municipal de Celle dirigé par Martin Winkler s'est associé à cet effet au Gradus ad Musicam, un orchestre avec chœurs originaire de Nancy. Son chef François Legée est arrivé depuis quelques jours à Celle. Tout comme le compositeur de l'œuvre présentée pour la première fois en France voici quelques années autour de textes écrits par des prisonniers détenus en camp de concentration. Notre rédacteur Reinald Hanke s'est entretenu avec les artistes.
CELLE. Le compositeur Pierre Cholley reste au début sur sa réserve. Ce n'est qu'à la fin de l'entretien qu'il raconte de quelle façon un chef de chœur a attiré son attention sur les textes de Zalman Gradowski écrits en camp de concentration et jamais publiés auparavant, textes que d'autres compositeurs n'avaient pas voulu mettre en musique jusqu'à ce que lui se sente investi du devoir de tenter l'impossible. Il n'a finalement pas mis en musique ces textes mais les a insérés comme textes parlés entre les parties musicales constituées de poèmes également écrits en camp de concentration.
Dans le milieu musical français, Pierre Cholley fait figure de marginal. "En France, lorsqu'un compositeur d'aujourd'hui écrit une musique qui plaît au public, il est mal vu. On estime d'emblée que ça ne peut être que de la mauvaise musique". Pas de doute : Cholley compose une musique beaucoup plus accessible que la plupart de ses collègues français et étrangers. Cholley se considère dans la tradition d'un Leonard Bernstein qui n'a jamais accepté les prétendues différences entre la musique sérieuse et la musique de divertissement.
Pour ce dernier, il n'y avait que de la bonne musique.
Ce qui serait aujourd'hui rejeté par la plupart des compositeurs contemporains, à savoir écrire de la musique de film, ne constitue pas un problème pour Pierre Cholley, de plus en plus détendu et disert au fur et à mesure de la conversation. Dans le Chant des Rouleaux qui retentira ce soir sous les voûtes de notre église, on trouvera des passages d'une écriture illustrative proche de la musique de film.
Mais outre cela, la musique de Cholley possède trois caractéristiques : le compositeur développe son langage mélodique en s'appuyant très étroitement sur la prosodie du français. La comparaison avec Leos Janacek n'est d'ailleurs pas pour lui déplaire. Cholley s'efforce également de transposer l'atmosphère des textes dans un langage musical sensible, riche en couleurs et en sensualité. Et enfin, il travaille dans des styles très différents. Ceci confère à sa musique une grande variété et la rend relativement facile à écouter.
Une chose demeure essentielle pour le compositeur comme pour les deux chefs Winkler et Legée : ils veulent faire passer le processus artistique de réconciliation inscrit dans cette musique. Pour François Legée, cet événement constitue "une démarche artistique propre à résoudre la question de la compréhension entre Français et Allemands". Nul besoin durant cet entretien d'évoquer la réconciliation entre les victimes des persécutions nazies et leurs auteurs : cette pièce musicale en constitue pour ainsi dire le symbole.

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25 avril 2005
Le silence, puis les applaudissements
Naissance d'un langage musical original
Des textes de détenus des camps de concentration mis en musique
constituent le moment fort de la vie culturelle de Celle.
L'exécution de l'oratorio "Le Chant des Rouleaux" le week-end dernier a été une
réussite totale. La musique du compositeur Pierre Cholley s'inspire de modèles
anciens ; elle a cependant donné naissance à quelque chose de complètement nouveau.
Les chœurs de Nancy et de Celle se sont révélés très homogènes.
CELLE. Le samedi à Celle, le dimanche à Berlin – les membres du chœur municipal
en collaboration avec leurs partenaires de Nancy, le chœur et l'orchestre du "Gradus
ad Musicam", ont derrière eux un week-end bien rempli. L'exécution de l'oratorio "Le
Chant des Rouleaux", composé sur des textes de détenus des camps de concentration
nazis, devait constituer l'événement majeur de la vie culturelle locale. Et ce
fut le cas. Après le chant yiddish qui clôt l'œuvre aux sons d'un accordéon qui
s'éteint, un silence de plusieurs secondes a suivi, avant que ne retentissent
des applaudissements nourris, en particulier pour le compositeur. La musique
de Cholley est très étonnante. Elle utilise des procédés traditionnels, apparaît
même à certains moments un peu ringarde et pourtant elle ne cherche jamais à flatter
l'auditeur. La musique de Cholley nous donne l'impression de choses déjà entendues
auparavant. Jamais cependant ne nous vient l'idée que ce que nous aurions déjà entendu
fût meilleur. Aucune phrase musicale ne constitue à proprement parler une citation.
Cholley s'approprie différents langages musicaux et les transforme si bien qu'il
parvient à créer un langage musical qui lui est propre. Le traitement du chœur
fait penser à Debussy ou encore à Duruflé ; le mélange entre la palette sonore
et la mélodie évoque souvent Dutilleux ou même Frank Martin.
Le rapprochement avec un style de composition postmoderne dans la veine d'Alfred
Schnittke, s'il est décelable dans la partition, n'est que partiellement perceptible
dans l'exécution en concert. C'est que le compositeur développe son œuvre avec
un luxe de raffinement qui vise à traduire au mieux l'esprit, le rythme et la
mélodie intérieure des textes mis en musique. Ce n'est pas seulement bien fait
sur le plan technique, c'est aussi avant tout la preuve d'une inspiration qu'il
est rare aujourd'hui d'observer à un tel degré. Et puis surtout : Cholley trouve
semble-t-il sans difficulté parmi tous ces styles de composition le sien propre.
La partition de Cholley est particulièrement difficile pour les musiciens et
les choristes, mais dans la mesure où il évite le plus souvent une écriture
musicale techniquement trop avant-gardiste, sa musique reste jouable par des
non-spécialistes.
L'orchestre de Nancy conduit par François Legée s'est révélé d'une étonnante
qualité technique et artistique, notamment le pupitre des cordes. Les chœurs
de Nancy et de Celle nous sont apparus, malgré le petit nombre de répétitions
communes, d'une grande homogénéité, traduisant très bien les finesses de la
musique de Cholley : toutes nos félicitations au chef Martin Winkler, à son
collègue français et au chœur. Les deux solistes Elisabeth Lanore (mezzo) et
Albrecht Pöhl (baryton) ont également été d'un très haut niveau. Il nous faut
notamment mentionner la beauté et la force expressive de la voix de madame Lanore.
Un seul bémol à ce concert au total très impressionnant : le style récitatif
excessivement pathétique de Ernst Stankovski dont les effets paraissaient trop
souvent affectés et extérieurs pour être vraiment crédibles.

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Le Républicain Lorrain, 21 mai 2005

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L'Est Républicain, 6 juin 2005


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L'Est Républicain, 23 novembre 2005


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La Liberté de l'Est, 29 novembre 2005


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L'Est Républicain, 8 janvier 2006


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L'Est Républicain, 8 mars 2006


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La Liberté de l'Est, 10 avril 2006


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Le Dauphiné libéré, 24 août 2006


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La Provence, 21 août 2006


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Le Dauphiné libéré, 26 août 2006
L'Est Républicain, 16 octobre 2006
L'Est Républicain, 21 janvier 2007
L'Est Républicain, 25 mars 2007
L'Est Républicain, 25 avril 2007
L'Est Républicain, 14 mai 2007

L'Est Républicain, 25 mai 2007
L'Est Républicain, 25 mai 2007
L'Est Républicain, 17 juin 2007
L'Abeille - L'écho des Vosges, 22 juin 2007

Dernières Nouvelles d'Alsace, 28 juin 2007
La Dépêche du Midi, 17 juillet 2007
L'Est Républicain, 20 octobre 2008
L'Est Républicain, 23 novembre 2008
L'Est Républicain, 8 décembre 2008
L'Est Républicain, 2 février 2009
L'Est Républicain, 29 mars 2009
L'Est Républicain, 26 novembre 2009
La Provence, 24 août 2008
Photos de Philippe Quenet
Photo de Daniel Eugé






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L'HOMME
DU JOUR
François Legée
l'homme orchestre
L'ensemble Gradus ad Musicam, qu'il dirige depuis
sa fondation, fête
cette année ses 20 ans.
I
l se dit fatigué. Pourtant dès qu'il se trouve à la tête
d'une des formations du Gradus ad Musicam, il est animé de la même
fougue et de la même passion qu'à ses débuts de chef d'orchestre.
Il est las cependant de devoir, chaque année, convaincre les bailleurs
de subventions de continuer à soutenir les activités de son
association.
Depuis 20 ans qu'il anime l'ensemble Gradus ad Musicam, il estime que le seul
bilan et les multiples projets qu'il a toujours en réserve doivent suffire à montrer
l'intérêt d'une structure unique dans le panorama musical régional.
En effet, Gradus ad Musicam permet à des musiciens amateurs, encadrés
par des professionnels, de se perfectionner et de produire des concerts de
qualité dans des répertoires sortant des sentiers battus.
« En deux décennies, 1 200 à 1300 musiciens amateurs
sont passés dans les rangs de Gradus. Et le taux de départ
est très faible. » C'est la preuve que les artistes amateurs
trouvent ce qu'ils cherchent et se plaisent au sein de l'association. Ils
peuvent choisir
entre trois formations chorales (un grand chœur, un ensemble vocal et
un chœur de chambre) et deux ensembles orchestraux (un grand orchestre
et un orchestre de chambre). Originaires de toute la région et de
divers milieux socio-professionnels, les musiciens amateurs doivent être
assidus aux répétitions. « Le taux d'absentéisme
est faible: 9 à 10 % ». Trois absences non motivées aux
répétitions
bi-hebdomadaires et on est viré (gentiment, mais fermement). L'exigence
de qualité l'impose. Quant aux chefs de pupitres, professionnels,
ils sont présents tous les jours et rémunérés à la
vacation. Ils assurent aussi des cours particuliers. Une véritable
aubaine pour les membres de l'association qui peuvent bénéficier
de leçons
particulières, au tarif horaire de 50F, après paiement d'une
cotisation annuelle de 200F.
Chef bénévole
Discret, François Legée ne se targue pas d'assurer la direction
bénévolement.
Ancien assistant de Jacques Grimbert; directeur de la musique à l'université de
Paris-Sorbonne et élève de Jean-Sébastien Béreau
au conservatoire de Paris, le chef de Gradus tire sa subsistance d'un poste
de professeur d'éducation musicale au lycée Chopin, complété par
une mission au service d'action culturelle du rectorat.
En 20 ans, la baguette bénévole a trouvé le temps de
diriger plus de 500 concerts dans la région et ailleurs, dans l'Hexagone
et à l'étranger.
« On pourrait tourner pendant des années avec le Requiem de Mozart » reconnaît
le chef. Il s'y refuse. Découvreur et défricheur, il préfère proposer à ses
musiciens et au public des œuvres contemporaines et des créations mêlant
plusieurs formes d'expression artistique, comme le théâtre et
la danse. Et de rappeler « Amer Tango », « Tap Dance » autour
des œuvres de Sylvestre Revueltas, « Usager de l'espace II » de
Didier Lockwood ou encore « Le chant des rouleaux » de Pierre
Cholley.
Ami de François Legée et compagnon de route de Gradus, Pierre
Cholley devait être sollicité pour composer une œuvre à l'occasion
des 20 ans de l'ensemble.
Pour des raisons budgétaires, la commande attendra et les membres de
Gradus ad Musicam feront la fête en famille.
En attendant, ils donnent rendez-vous à leurs nombreux amis pour leur
premier concert de l'année, lundi 21 janvier à 20 h 30, salle
Poirel, avec un programme consacré au concerto pour flûte de Khatchatourian
(soliste : Catherine Debever-Perrier), concerto pour violoncelle d'Arthur Bliss
(avec Anouk Viné) et concerto pour accordéon de Richard Galliano
(soliste : Anthony Millet).
Sur l'échelle limitée des notes et des sons, Gradus ad Musicam
ajoute les degrés infinis de la passion.
Didier HEMARDINQUER
L'Est Républicain, 17 janvier 2002


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L'HOMME DU JOUR
SOS trombone
A 70 ans, François
Fossano, le musicien amateur qui a fait toute sa carrière professionnelle
chez France Télécom,
compte plus de 600 concerts à son
actif.
.
C
'est au lycée Poincaré,
en 1945, alors qu'il avait 12 ans, que François
Fossano a commencé à pratiquer
la musique.
A
l'époque « régnait » Gaston Stoltz, qui avait fondé l'orchestre
du lycée. C'était d'ailleurs la particularité de l'établissement
de posséder « sa » boulangerie, son orchestre et son chœur.
« Lorsque Gaston Stoltz voyait qu'un élève s'intéressait
au sollfège, ce qui rebutait la plupart des potaches, il lui proposait
alors d'intégrer la chorale et s'il voyait qu'il était doué,
il convoquait les parents pour qu'ils acceptent que leur enfant étudie
un instrument. Moi, j'avais le béguin pour la flûte. Mais Gaston
Stoltz avait besoin d'un tromboniste. Il m'a mis entre les mains d'un de ses
amis qui avait été trombone solo à l'Opéra de Paris.
Car le maître s'était créé un petit conservatoire
pour les besoins de son orchestre. Il faisait appel à ses copains pour
donner des cours particuliers et gratuits, financés par les œuvres
sociales du lycée. »
Souvenirs
C'est de cette manière que le fils de militaire fit ses débuts
de musicien. Pas question cependant pour ses parents d'accepter qu'il fasse
de la musique son métier. Intéressé par les sciences,
François Fossano a fait un an de fac puis est entré chez F'rance
Télécom qui a assuré sa formation en finançant
sa licence de physique à Paris.
Durant ses 28 mois de service militaire en Algérie, il a créé, à la
demande d'un gradé, un orchestre de variétés. De retour à Nancy,
où il a effectué toute sa carrière jusqu'à sa retraite
en 1993, François Fossano a pratiqué la musique en amateur, comme
choriste aussi bien que chef de chœur et instrumentiste.
Il a participé à l'ensemble de Gérard Caillet de 1975 à 1985
et à Gradus ad Musicam, dès 1985. Il en fait toujours partie.
Le musicien se souvient avec émotion de sa participation à de
grands concerts avec orchestre où il était fait appel aux chorales
amateur.
Il se rappelle le Requiem de Berlioz, place de la Carrière, noire de
monde jusqu'à la place Stanislas en juin 1981 ou encore la Damnation
de Faust du même Berlioz, un compositeur qu'il affectionne, en novembre
1994, à l'Opéra de Nancy.
Dans les années 60, Gaston Stoltz lui avait demandé de monter
un quatuor composé de deux trompettes et deux trombones pour les besoins
d'un concert.
C'était le début de l'Ensemble de cuivres dont la formation
a été renouvelée en 1996 pour rassembler une vingtaine
de musiciens. Ils donnent cinq à six concerts par an dans la région
et participent à une tournée européenne chaque année.
En hommage et par fidélité à son ancien maître,
François Fossano joue aussi dans l'orchestre Gaston Stoltz dirigé par
Daniel Colombat.
Sans compter les ensembles qui font ponctuellement appel à lui. « C'est
SOS trombone » plaisante-t-il. Il était donc logique qu'à l'heure
de ses 70 ans, ses amis musiciens décident à leur tour de lui
rendre hommage en organisant un concert public et gratuit, samedi 29 novembre
au temple Saint-Jean, place Maginot à Nancy.
Il y a fort à parier que le tromboniste ne restera
pas en coulisse.
Didier HEMARDINQUERPour fêter l'anniversaire de François Fossano, les membres de
l'ensemble de cuivres portant son nom ont programmé un concert public
et gratuit, samedi 29 novembre à 20 h 30, au temple Saint-Jean, place
Maginot
L'Est Républicain, 9 novembre 2003


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Le chant des tripes
Dans "Le Chant des rouleaux", les poètes racontent l'indescriptible et la musique de Pierre Cholley dit l'indicible. Poignant.
H
ier, à la salle Poirel de Nancy, les trains d'Auschwitz, les wagons de la mort, les camps d'extermination ont surgi des rouleaux cachés par un prisonnier dans une boîte en fer blanc confiée aux cendres et à la terre. Dits par Franck Fischer, d'une voix blanche, ces lignes, qui s'inachèvent sur le mot " dernièrement", ont fait revivre des ombres et des souvenirs.
La musique de Pierre Cholley tisse un voile de lin. C'est un fin linceul, soulevé, par moments, avec pudeur. Il laisse alors apparaître toute l'horreur de la Shoah. Il crie la douleur, mais plus souvent, il laisse une place à l'espérance.
"Non vous n'aurez rien de moi. Ma douleur, elle est à moi et ma joie, à la terre entière ", dit le poète, à qui Jean-Charles Ramelli prête son beau timbre de baryton. "Dors, mon enfant, pour ces silences étouffants", chante superbement la berceuse de la mère (la mezzo soprano Elisabeth Lanore).
La musique de Pierre Cholley n'est pas larmoyante. En empruntant le traitement des chœurs et de l'orchestre à Honegger, Poulenc et Bernstein, il réussit une synthèse très personnelle. Rien n'est appuyé. Un violoncelle, une clarinette et un accordéon pour rappeler la musique Kletzmer, une citation de " Lili Marlene " pour dire l'Allemagne d'avant et celle de la Résistance.
Lorsque tombe le cahier du récitant, tout est consommé. L'œuvre aurait pu s'achever sur ce soupir du baryton: "Pour tout ce qui n'est pas dit". Pierre Cholley a rajouté, en guise de coda, les notes nostalgiques du Yiddishland, qui valsent avec tout l'orchestre et rendent leur dernier souffle dans les poumons de l'accordéon.
Compositeur, poètes et interprètes ont parlé avec leurs tripes. Sans affectation et sans emphase. Avec passion et émotion.
Didier HEMARDINQUER
L'Est Républicain, 25 mars 2001

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Emouvant pèlerinage musical avec African Sanctus
E
nvoûtante et chaleureuse ambiance musicale placée sous le signe de l'Afrique, samedi soir, à la salle Aragon de St-Dizier, en compagnie du Gradus Ad Musicam et de l'ensemble vocal et instrumental de Nancy.
Au programme d'une soirée de très grande qualité artistique à laquelle ont assisté environ 200 personnes, African Sanctus, une œuvre musicale d'une grande rrichesse créative et émotionnelle du compositeur anglais David Fanshawe.
Ayant effectué un voyage dans les années 70 dans les environs du lac Victoria en Afrique orientale, ce dernier s'est atttaché à recomposer des musiques ethnologiques enregistrées sur place, en y apportant son propre travail de recherche musicale. Le résultat est surprenant d'originalité et d'authenticité dans une fusion artistique très réussie. Dirigés par François l.egée, choristes et instrumentistes ainsi que les solistes Sophie Norton et Valérie Graschaire ont remarquablement interprété les treize mouvements de l'œuvre, un message musical universel où messe latine et musique traditionnelle africaine s'harmonisent parfaitement.
Un voyage dépaysant au-delà des frontières à la rencontre de l'autre, rythmé par le son prenant des percussions de Charles Davot, Michel Deltruc et Jérôme Hulin.
L'Est Républicain, 4 mars 2002

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Quand le loup n'y est pas
S
alle Poirel bondée, hier en fin d'après-midi, pour le voyage autour de « Pierre et le loup » de Prokofiev, création de la compagnie nancéienne Osmosis et de l'ensemble instrumental de Gradus ad Musicam, placé sous la direction de François Legée.
Sur scène, un énorme robot aux yeux globuleux articulés, dont la bouche est faite de gaines d'aération, un lit gargantuesque, sur lequel sont couchés deux échassiers siamois, reliés par le cerveau, et une grande usine à gaz peuplée de tuyaux et de musiciens d'un autre âge.
Pour introduire une nouvelle lecture du conte, les instrumentistes interprètent le quintette en sol mineur de Prokofiev, une œuvre de jeunesse du compositeur russe, pas forcément accessible aux jeunes d'aujourd'hui.
Car, d'emblée se situe l'ambiguïté de ce spectacle tout public qui, dans son long prologue, s'adresse davantage aux oreilles des mélomanes qu'aux enfants, interloqués par le côté statique d'une histoire qui tarde à être racontée.
Et lorsqu'enfin la célèbre mélodie de Pierre titille leurs oreilles, c'est un étrange voyage en compagnie d'androïdes qu'un narrateur, en combinaison d'une lointaine galaxie, leur débite, en le mixant à la traditionnelle fable.
Pourtant, dans cette approche étonnante, il y a de magnifiques trouvailles. Ce sont les automates des animaux. Le canard est un aspirateur télécommandé, l'oiseau métallique s'envole sur un fil, à la manière d'un téléphérique où, en chemin, il croise le chat dont le corps réalisé dans un robot de cuisine n'attend que de le malaxer pour mieux le digérer. Et le loup apeuré, qui se cache derrière le rideau, est d'une irrésistible drôlerie.
Ces formidables machines auraient pu servir à illustrer l'histoire toute crue. Pourquoi avoir plaqué un discours superflu ?
Dans cette version, " Pierre et le loup " a gagné en magie ce qu'il a perdu en poésie.
Didier HEMARDINQUER
L'Est Républicain, 18 mars 2002


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Un chœur pour « un cœur par la poste »
R
encontre d'une nouvelle écrite par la jeune Caroline Corbisez et des ateliers artistiques et des chorales des collèges Gallé d'Essey-les-Nancy, Guynemer et Chopin de Nancy, des enfants de Chœur Accord ainsi que du Gradus Ad Musicam, la création d'« un cœur par la poste », en avant-première, avait lieu à Tomblaine mardi soir.
L'auteur de la nouvelle était alors élève en philo et a répondu au défi d'écrire pour un concours. Il en est sorti cette nouvelle qui donne le titre au spectacle. Comment l'idée de ce texte lui est-elle venue ? « Je trouvais les hôpitaux gris et triste, alors l'histoire devait être jolie et colorée, donner de la joie et de l'espoir par les personnages ».
Il n'empêche que l'histoire de cette petite fille, Morgane, qui est hospitalisée en attente d'un cœur à lui greffer, est très émouvante. « Les jeunes choristes avaient les larmes aux yeux pendant les répétitions », confiera une maman à la sortie du spectacle à l'auteur qui prépare maintenant sa maîtrise. Morgane lasse d'attendre veut téléphoner à Dieu. Pour qu'il hâte la livraison. Pour cela elle lui fait envoyer un portable. Finalement Morgane part pour le paradis.
Une dizaine de tableaux, plus un final, des choristes et les musiciens du Gradus ad Musicam sur des partitions de Pierre Cholley, une récitante laissant passer l'émotion, Mathilde Queudet, quelques personnages bien joués font de l'ensemble un très joli spectacle pour cette avant première suivie par quatre cents personnes.
Le véritable spectacle sera pour la vraie création à Poirel en octobre, avec une mise en scène revue et améliorée. Caroline Corbisez a été invitée à retravailler sur les textes scéniques. « Un Cœur par la poste » devrait en faire battre plus d'un cet automne.
J.L.G.
L'Est Républicain, 18 mars 2002


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Les usagers de l'espace Lockwood
Sous la direction de François Legée, des collégiens travaillent un opéra-jazz de Didier Lockwood, « Journal d'un usager de l'espace II ».
U
ne trentaine d'élèves des collèges -Chopin et Guynemer de Nancy et Emile-Gallé d'Essey étaient réunis, hier matin, dam le local de Gradus ad Musicam, à l'Institut des Jeunes aveugles, rue de Santifontaine, pour travailler, sous la conduite de François Legée, chef d'orchestre, et Christine Mananzar, metteur en scène, l'opéra-jazz de Didier Lockwood, « Journal d'un usager de l'espace II », sur un argument de Georges Perec.
« L'œuvre a été écrite en 98-99 et nous avons été séduits par cet ouvrage donné à l'Opéra Bastille, dans la mise en scène de Charlotte Nessi », explique Marie-Renée Legée. « Lorsque nous avons voulu travailler cet opéra, nous n'avons pas trouvé les partitions, l'œuvre n'étant pas encore éditée. J'ai téléphoné à Didier Lockwood qui, très gentiment nous a fourni des photocopies de ses documents personnels et un enregistrement sur disque. C'est un mélange de tous les styles contemporains et c'est une écriture musicale très agréable. Nous l'avons montée, en mai dernier, en version de concert et nous avons décidé, avec un groupe de collégiens volontaires, de la travailler dans sa forme opéra ».
François Legée a fait appel à la comédienne Christine Mananzar pour assurer la mise en scène.
Spécialiste des créations lyriques, l'artiste a écrit le livret et mis en scène à Nanterre, en 1995 "Hystériade ou la vengeance d'Eurydice" et plus récemment, à Verdun, au Centre mondial de la Paix "Verdun, automne/hiver 19...", sur une musique de Michel Sendrez.
« Pour cet ouvrage de Didier Lockwood, j'ai fait un travail sur Perec et la bases de l'Oulipo. J'ai tenté de retranscrire le jeu de langages dans les jeux d'enfants. J'ai essayé de retrouver le mouvement de l'écriture de la langue. » Les jeunes comédiens, âgés de 12 à 15 ans, se sont immédiatement prêtés au jeu. « Ils entrent tout de suite dans un univers poétique et un monde de tendresse », reconnaît le metteur en scène.
Le travail se poursuivra avec les musiciens (pianiste, guitaristes, batteur) et la soliste, Valérie Graschaire, lors d'un week-end à Senones, dans les Vosges.
Le grand jour de la rencontre avec le public est fixé au dimanche 27 janvier à 17 h, au théâtre Gérard-Philipe de Frouard.
D.H.
L'Est Républicain


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Evénement musical
Cent soixante dix musiciens et choristes dans le chœur de la cathédrale,
et quatre cents auditeurs sous le charme de la « Misa Tango ».
L
es premières notes nous ouvrent les portes de l'univers sacré. Une volonté affichée
par un chœur impressionnant. Le nombre des exécutants et la puissance des
timbres jouent dans le registre du spectaculaire. Rapidement, la plainte
lancinante du bandonéon s'impose, bouleversante comme une lamentation. Christophe
Gay (baryton) et Elisabeth Lanore (mezzo-contralto) unissent leurs talents.
Les deux solistes n'ont pas failli à leur réputation.
Après Bar-le-Duc et Nancy, l'ensemble Gradus ad Musicam presque au
grand complet (ils étaient 170 interprètes hier soir, dans le chœur de la cathédrale Saint-Etienne) nous a offert un grand moment de bonheur.
Avec une œuvre exceptionnelle et unique, d'une grande beauté.
Des accents jazzy
La Misa Tango de Luis Bacalov est une création contemporaine (1997).
Pianiste, compositeur et chef d'orchestre reconnu, l'auteur, né en Argentine
en 1933, vit aujourd'hui à Rome.
Il fallait oser mêler le tango à une véritable messe, comme celle composée
par les grands classiques. Une pièce majestueuse, avec kyrie, gloria,
credo, sanctus et agnus dei... où le violon et le violoncelle s'associent à l'accordéon
pour se fondre dans une même prière. Avec Misa Tango, Bacalov s'adresse
au divin. En donnant à sa supplique les couleurs de cette incroyable
et violente mélodie qu'est le tango argentin. Par moment, le compositeur
se permet même d'introduire quelques accents jazzy, juste pour montrer
que le beau et le vrai n'ont pas de frontières. A l'invitation du Pélican,
la cathédrale Saint-Etienne a vécu un grand moment musical, ce dimanche.
Près de quatre cents auditeurs ont offert une véritable ovation à la
formation nancéienne, qui, une fois de plus, a su étonner et enthousiasmer
son auditoire.
Michel BRUNNER
L'Est Républicain, 29 septembre
2003


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TROYES
Un triomphe mérité pour Le Messie
Orchestre et solistes ont reçu une ovation pour leur
prestation
P2
FESTIVAL ART ET SPIRITUALITÉ
Le Messie acclamé
Beaucoup de monde samedi soir en la cathédrale de Troyes pour acclamer Le Messie, de Georg Friedrich Haendel. Mille six cents personnes, au moins ...
C
e concert de clôture du 3° festival Art et Spiritualité a été un authentique succès, le public
se levant spontanément sitôt les dernières notes de l'Amen final pour ovationner
longuement les artistes. Une manière touchante de remercier l'instant et
les musiciens de leur avoir donné une forte et belle émotion.
Nul doute qu'il s'est passé, ce soir-là, quelque chose d'important. Bien avant l'heure,
toutes les places assises de l'immense nef et du transept étaient occupées,
même si tous ceux qui étaient là n'étaient pas forcément des fans de Haendel
ou du Messie. Les curieux, passés là par hasard, se faisaient même de plus
en plus nombreux tout au long du concert, avançant dans les bas-côtés, à la
découverte de ce chef-d'œuvre de la musique religieuse, dans la splendeur
de son déroulement. Magnifiquement interprétée, cette version longue de
deux heures et demie n'a lassé personne.
Enchantement des lieux ? Grâce
de l'instant ? Toujours est-il que l'auditoire, captivé, s'est laissé emporter par
cette fresque brillante, épopée de la vie du Christ dégageant un profond
sentiment religieux et de piété.
De ce monument musical, remis de multiples
fois sur le métier par tous les chefs et orchestres du monde, François
Legée et ses musiciens de l'ensemble Gradus ad Musicam, une formation orchestre
et chœur de Nancy, ont donné une version solide, pleine de charme et
de douceur, empreinte à la fois d'une grande sérénité et d'une émouvante
intériorité.
Cinq solistes pour cette soirée, tous des professionnels
aux palmarès élogieux et prometteurs. Sophie Norton, une soprano à la voix
bien placée, généreuse et très sûre. Michel Marquez, contre-ténor étonnant
et convaincant. Christophe Gay, baryton, et Pierre Evreux, ténor, aux rôles
plus discrets mais convenablement assurés. Et enfin Gilles Herbillon, le
directeur du Conservatoire de Troyes, trompettiste de grand talent pas
assez entendu ici.
Sans oublier le chef d'orchestre, complètement transcendé par
la partition qu'il conduisit avec superbe jusque dans les moindres détails
et avec une rare justesse dans l'esprit, loin de toute solennité excessive
et désuète, proche de la vigueur haendélienne, humble, humaine, sans étalage
inutile. Le Messie entendu là fut d'une facture irréprochable, entendue
ainsi jusqu'au fond de la cathédrale. Une soirée de haute qualité qui permit à Mgr
Marc Stenger, évêque de Troyes, de prodiguer ses éloges à tous : aux artistes,
au public pour son écoute attentive de la beauté, au père Dominique Roy,
directeur de ce festival réussi, et à son équipe.
Une impressionnante série
de concerts, théâtre, et conférences vient de se terminer, étonnante de
qualité artistique. Et déjà, le quatrième se prépare pour 2005.
Lionel
REYNIER
L'Est Eclair, 26 juin 2003

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ALPES DE HAUTE-PROVENCE
BARCELONNETTE
En chœur avec l'orchestre de Nancy
La chorale "Chant' Ubaye" a eu le privilège d'être accompagnée par l'ensemble "Chœur et Orchestre Gradus ad Musicam ", en stage dans la vallée de l'Ubaye.
"Dès le 1er jour, nous avons répondu favorablement à l'invitation qui nous a été faite par les musiciens. Les 2/3 des choristes ont pu se libérer pour participer aux ateliers de chant, qui nous ont beaucoup apporté, car le rythme était soutenu matin et soir jusqu'à la veille du concert.
Nous avons particulièrement apprécié le fait de travailler avec des professionnels, et des intervenants différents ayant chacun leur méthode d'enseignement" raconte François Sarrazin, qui a eu le privilège de suivre le stage. Comme les autres membres de la chorale "Chant' Ubaye", ce fut pour lui un immense plaisir de travailler par pupitre ou avec l'ensemble du chœur. Tous se sont sentis totalement intégrés dans la dynamique de ce stage d'une semaine. "Nous avons été chaleureusement accueillis par ces musiciens de haut niveau, et avons vraiment apprécié leur collaboration. C'est assez exceptionnel pour une chorale d'être invitée à participer à un tel concert, avec des musiciens si talentueux !"
Que ce soit lors du concert donné au théâtre El Zocalo, ou bien lors du MESSIE de Haendel qui a affiché complet à l'église St-Pierre, la joie des choristes s'est lue sur leurs visages rayonnants. Quant à la sublime prestation de l'orchestre et des solistes de l'ensemble "Chœur et orchestre Gradus ad Musicam", elle restera sans doute longtemps gravée dans la mémoire des Ubayens.

26 août 2004

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